"...Un excès d'huile se diffuse dans le papier et montre la souillure grasse de ce qui a porté et nourri le pigment. Lorsque le noir d'encre est fluide et que la coulure rappelle la gravité des matières, le repentir s'imprime au même titre qu'un acte définitif. L'écriture coufique rigide et angulaire, qui inspire les dernières figures faussement labyrinthiques, refuse encore qu'un biais puisse attirer la surface dans l'espace illusionniste d'une image. La chronologie des gestes accomplit son parcours d'équilibre entre maîtrise et spontanéité. La traversée des fibres du papier est requise pour une mise en écho entre recto et verso, les traits se superposent, se décalent ou s'ignorent dos à dos. Dans l'interstice de ce dialogue, l'écran de papier matérialise la frontière précaire du visible et inspire la partition de ce dialogue pictural."

Jacques Py, 2002